Les réunions 2026 de l’ISO/TC 195 Machines et matériels pour la construction des bâtiments et de ses sous-comités se sont tenues début septembre à Nashville (États-Unis), avec la participation de la délégation française pilotée par l’UNM et comprenant notamment des représentants des secteurs du béton et des matériels routiers. Les travaux ont mis en évidence deux tendances fortes : le développement des machines autonomes et la numérisation des équipements de chantier.
Parmi les décisions importantes, le comité a confirmé la révision des normes de terminologie ISO 19433 et ISO 19452, relatives aux pilonneuses et plaques vibrantes à conducteur accompagnant, tandis que la norme ISO 15643 sur les répandeuses de liants bitumineux et répandeuses-gravillonneurs synchrones a été maintenue sans modification pour cinq années supplémentaires. Ces révisions offriront l’occasion d’actualiser des documents largement utilisés par les fabricants et organismes d’évaluation de la conformité du secteur.
Les travaux relatifs aux machines autonomes ont constitué un fil conducteur de plusieurs points de l’ordre du jour. Le comité a notamment été informé de l’évolution sur le projet ISO 25366, consacré à la vérification des fonctions d’automatisation et d’autonomie des machines mené avec l’ISO/TC 127 Engins de terrassement, dont le transfert vers l’ISO/TC 127/SC 2/WG 24 Sécurité fonctionnelle des systèmes de commande a été soutenu afin de poursuivre le développement de méthodes communes applicables aux futurs équipements autonomes. Ces réflexions font écho aux discussions engagées au sein du sous-comité SC 2 sur les futures exigences applicables aux matériels routiers autonomes et à l’élaboration d’une signalétique dédiée à ces équipements.
Au sein de l’ISO/TC 195/SC 2 Machines et matériels pour la construction et l’entretien des routes, un sujet émergent a particulièrement retenu l’attention : la normalisation des balayeuses et matériels de viabilité hivernale autonomes. Contrairement aux applications agricoles ou minières, ces machines évoluent dans des espaces publics ouverts où elles côtoient piétons, véhicules et autres usagers. Les experts considèrent qu’il est désormais nécessaire de développer un cadre normatif spécifique, avec comme première étape l’établissement d’une terminologie commune, puis d’exigences de sécurité adaptées. Cette orientation pourrait à terme avoir un impact important sur les fabricants européens confrontés au développement rapide de ces technologies.
Autre sujet d’avenir, une initiative présentée par l’Association of Equipment Manufacturers (AEM) vise à créer des symboles harmonisés pour les machines autonomes. L’objectif est d’éviter l’apparition de signalétiques différentes selon les constructeurs et de faciliter leur compréhension par les opérateurs comme par le public. Le TC 195 a décidé de poursuivre les échanges avec les autres comités ISO concernés, notamment le comité ISO/TC 127/SG 1 ISO Off-road Mobile Work Machine qui regroupe les responsables des différents comités en lien avec les machines mobiles (agricoles, TP, chariots industriels…).
Enfin, l’ISO/TC 195/SC 1 Machines et matériels pour le béton a décidé de réorienter ses travaux sur l’échange de données des machines à béton vers la série ISO 15143, développée par l’ISO/TC 127/SC 3 Caractéristiques des engins, systèmes électriques et électroniques, mise en service et entretien. Cette approche vise à favoriser l’interopérabilité numérique entre différentes familles d’engins de chantier et pourrait ouvrir la voie à une gestion plus harmonisée des données des équipements de construction.