Normalisation : l’angle mort du débat public sur la réindustrialisation

Normalisation : l’angle mort du débat public sur la réindustrialisation

le : 12/01/2026

La norme est un instrument stratégique de souveraineté et de réindustrialisation. L’UNM a choisi cet angle pour sa 3ème Convention Mecallians. Retour sur cet après-midi du 18 novembre dernier riche en débats et idées fortes.

Réindustrialisation. Ce mot a rythmé la 3ème Convention Mecallians de l’UNM qui s’est tenue à l’occasion de la Semaine de l’Industrie et a rassemblé près de 150 participants. Deux table-rondes ont abordé ce sujet (voir articles) qui a alimenté l’intervention remarquée d’Arnaud Montebourg (voir article). Dans le style truculent qu’on lui connaît, l’ancien ministre de l’Économie et du Redressement productif et numérique a notamment fustigé la naïveté et le manque de courage politique des Européens face à l’agressivité américaine et chinoise.

Un élément aussi essentiel qu’invisible

Sur ce sujet « politiquement brûlant, selon Denis Schnoebelen, président de l’UNM, la normalisation apparaît comme l’angle mort du débat public. En effet, si la politique fiscale, le coût du travail, l’accès à l’énergie, l’attractivité des territoires, le dynamisme de la demande locale sont évidemment des éléments clés du développement et du tissu industriel, la norme technique qui accélère la diffusion des innovations et encadre les échanges entre les acteurs économiques, joue un rôle aussi essentiel qu’invisible ».

Et ce, au moment où l’industrie doit faire face simultanément à la décarbonation, à la numérisation, à la sécurisation des chaînes de valeur et à la tension géopolitique qui impactent les marchés internationaux. « La géopolitique s’invite désormais au cœur des décisions industrielles, remarque Olivier Brière, premier vice-président de la FIM. Les grandes puissances utilisent la norme, la technologie, les règles d’accès au marché comme des instruments d’influence. L’Europe, se retrouve sous pression. Elle s’est perdue dans l’excès de réglementation sans en mesurer son impact. C’est pourquoi il est essentiel de rappeler une distinction fondamentale : la réglementation impose alors que la normalisation volontaire oriente, sécurise et facilite l’innovation. En un mot, la norme permet la compétition équitable, mais surtout, elle est un instrument stratégique de souveraineté et de réindustrialisation. »

 

Faire de la normalisation une arme économique au service de notre industrie 

La FIM, l’UNM, le Cetim et Sofitech/Cemeca se sont regroupés au sein de Mecallians. L’objectif est clair : accroître l’influence technique dans les grandes instances de la normalisation d’une « communauté d’industriels mobilisés, consciente que la bataille de la norme est une bataille industrielle à part entière et que la reconquête industrielle se joue autant dans les ateliers que dans les comités de normalisation, martèle Olivier Brière. L’ambition de Mecallians est de faire de la normalisation une arme économique au service de notre industrie ».

Crédit photo : Cédric Léo

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