En septembre dernier, la communauté internationale de la fabrication additive s’est réunie à Singapour à l’occasion des réunions conjointes de l’ISO/TC 261 et de l’ASTM F42. Au-delà de l’importance technique de ces rencontres, cette édition restera dans les mémoires pour la qualité exceptionnelle de son accueil, l’excellence de son organisation et la richesse des échanges qui ont animé les groupes de travail tout au long de la semaine.
Comme à chaque réunion plénière, les différents groupes de travail ont poursuivi leurs travaux visant à soutenir le développement, la qualification et l’industrialisation de la fabrication additive.
Parmi les thèmes ayant particulièrement retenu l’attention cette année figure l’analyse du cycle de vie (ACV) : en effet, l’ISO/ASTM 52964 portant sur les ACV des pièces et procédés de fabrication additive vient d’être inscrit au programme de travail de l’ISO/TC 261. Ce projet était en développement depuis plusieurs mois, avec une forte implication française à travers l’expertise de Mathilde Julienne et Noémie Boucherit (Cetim). L’intégration de ces aspects environnementaux dans les travaux normatifs constitue une étape importante pour accompagner le développement durable de la fabrication additive.
Cette ouverture vers de nouveaux sujets n’a toutefois pas éclipsé les domaines qui demeurent au cœur des préoccupations de la communauté. Les matériaux métalliques ont ainsi occupé une place centrale dans de nombreux groupes de travail. Par exemple, le Joint Group 81, animé par Eric Baustert (VOLUM-e) vient d’achever le traitement des commentaires techniques sur le projet ISO/ASTM 52946 Fabrication additive de métaux — Fusion sur lit de poudre — Propriétés des matériaux des alliages d’acier inoxydable, qui révise la norme ASTM F3184-16. Sa publication est attendue pour 2027, alors que les experts du groupe préparent déjà la suite des travaux avec les alliages base nickel 625 en PBF-LB, couverts par le projet ISO/ASTM 52947, révision de l’ASTM F3056-14.
Cependant, les matériaux métalliques n’ont pas été les seuls à l’honneur : suite à la publication de l’ISO/ASTM 52929 portant sur les fiches de données des matériaux métalliques, une nouvelle proposition similaire a été présentée par l’Allemagne, mais pour les matériaux polymères cette fois-ci.
Comme toujours, les contrôles non destructifs ont également suscité un vif intérêt : le groupe joint dédié à ce sujet (JG 59) s’est principalement concentré sur un projet piloté par Anne-Françoise Obaton (LNE) et Clément Remacha (Safran) sur l’utilisation de tomographie informatisée à rayons X pour les pièces de FA produites en série. Ce document a récemment été soumis à enquête publique (enquête DIS à l’ISO), le groupe a ainsi démarré le traitement des commentaires reçus.
Ces réunions ont une nouvelle fois démontré la capacité de l’ISO/TC 261 et de l’ASTM F42 à faire converger des expertises variées autour d’objectifs communs. Entre sujets historiques et thématiques émergentes, la fabrication additive continue d’évoluer rapidement, et les travaux de normalisation restent un levier essentiel pour accompagner cette transformation.
Alors que plusieurs projets approchent de leur phase de publication et que de nouvelles initiatives se dessinent déjà, les échanges de Singapour confirment le rôle stratégique de la coopération internationale pour construire les normes qui soutiendront les développements futurs du secteur. Une dynamique particulièrement encourageante pour l’ensemble des acteurs de la fabrication additive.